" Comme un OVNI dans le quartier "

Par Laura et un peu aussi Alissia, 3e

 

 

Marion Fabien est une plasticienne en résidence d'artiste depuis 8 mois dans le quartier de la Bourgogne. Elle expose ses travaux dans un appartement de la cité Mansart. L'exposition s'appelle Monumenta, en clin d’œil à l'exposition d'art contemporain du Grand Palais à Paris. C'est aussi l'idée des monuments dans le sens « objets de mémoire, de souvenirs ».

 

« Mon idée c'était de me balader dans le quartier avec ses habitants pour qu'ils me montrent un autre point de vue que la réputation du quartier à problèmes. Comme j'avais un peu de mal à rencontrer les habitants, je suis allée au café, à la boxe, là où ils sont »

 

Marion était comme une intruse dans ce quartier, elle a voulu montrer qu'elle n'avait pas peur, contrairement à beaucoup de femmes, de se balader librement dans les rues et même de se rendre dans des lieux typiquement masculins. Elle a rencontré différentes personnes durant ses escapades dans le quartier et beaucoup lui ont parlé d'une certaine « allée bleue. »

 

« Elle n'a rien d'autre de bleu que les deux barrières aux deux extrémités. Avec des habitants, des enfants, on a peint une ligne bleue sur toute sa longueur. Une ligne c'est suffisamment abstrait pour imaginer ce qu'on veut. On a choisi de ne pas la faire droite parce que la ligne c'est un peu comme la vie et la vie n'est jamais toute droite. »

 

Dans l'exposition, nous pouvons retrouver des affiches avec les nombreux témoignages que Marion a effectué en discutant avec les gens. Elle a également retracé la ligne bleue à l'intérieur et nous la suivons dans toutes les salles, il y avait également des corners car elle avait remarqué que le football était un sport apprécié à la Bourgogne. Monumenta est un embellissement du quartier et nous en oublions presque sa réputation.

 

Au final, c'est un bilan trés positif mais un peu triste.

 

« J'ai rencontré des gens ouverts à l'échange mais quelques personnes butées aussi, avec lesquelles le dialogue arrivait vite dans une impasse. J'aurai aimé comprendre pourquoi les femmes ne sortaient pas dans le quartier par exemple, mais la seule réponse a été « parce que ça ne se fait pas ». Si on s'en tient à ça, aux « c'est comme ça », rien ne peut évoluer et c'est pareil dans tous les milieux d'ailleurs. Il faut accepter de sortir de là où on est pour voir ses idées évoluer. Il faut se réveiller et, pour moi, l'art plastique et la culture ça sert à ça. C'est le fondement de la liberté. »